CE MATIN
Je suis descendu de ce train ce matin
J'ai regardé partout autour de moi
J'ai écouté toute ces voix mélangées
J'ai redécouvert tous ces bruits quotidien
Comme un comédien, j'ai marché d'un pas mal assuré
Vers ce bout de quai aux lumières tamisées
Ou malgré la douleur, espère que tu m'attends
Enfin pour moi c'est certain tout est fini
J'y ai perdu tant d'amis
Tant de frères inconnus, ou trop connus
Je marche à coté de ces voies infinies
Sans plus aucune peur aucune terreur
Mon sac sur ma seule épaule
Mes cheveux rasés, ma peau brûlée
Mon bras amputé me fait encore souffrir
Du coup j'ai envie de repartir
D'aller mourir en martyr
Dans un trou d'obus entre deux tranchées
J'ouvre les yeux et tu est là bien vivante en face de moi
Tu es venue malgré mes lettres d'adieu
Si belle tu me dévisages sans pleurer
Tu fais semblant de ne rien remarquer
J'ai envie de t'embrasser
J'aurai voulu pouvoir te serrer dans mes bras
J'aurai voulu pouvoir te murmurer ces quelques mots
Blottie contre moi serrée contre toi
Dans quel état ils m'ont mis
Je suis détruit, abasourdi
Putain de guerre, putain d'après-guerre
Mais tu m'embrasses
Je sens ton corps chaud tressaillir contre le mien
Je suis enfin revenu parmis les miens
Et tu me prends la main
Ma seule et unique main
Putain de guerre, putain d'après- guerre
P. Bervore